LE KRAV-MAGA
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Comment avez-vous connu le krav-maga ?
Il y a quelques années, alors que j’habitais encore en province, j’ai vu un reportage sur le krav-maga dans lequel il y avait des démonstrations vraiment très impressionnantes, commentées par Richard DOUIEB, que je ne connaissais pas encore à l’époque. J’ai tout de suite été intriguée par cette discipline qui se démarquait des arts martiaux traditionnels, tant dans la tenue, l’allure des pratiquants, que les postures.
En 2000, lorsque je suis arrivée à Paris, la discipline était encore assez « confidentielle » et elle avait mauvaise réputation. Mais j’ai pu me rendre compte au travers d’évènements tels que les salons ou les festivals des arts martiaux, et les articles dans la presse, que comme tout sport, cette discipline était ce qu’on en faisait ; c'est-à-dire un moyen de se défendre, mais avant tout un loisir.
J’ai donc décidé d’aller assister à plusieurs cours, de plusieurs niveaux, avec différents professeurs, et de discuter avec des pratiquants pour me forger ma propre idée.
Pourquoi avoir choisi le club Daguerre ?
Les grands clubs sont victimes de leur succès. Les élèves y sont nombreux et il y a du turn-over. La qualité de l’enseignement n’est pas en question, mais si l’on n’est pas vraiment motivée, on peut très vite se décourager devant l’affluence des élèves.
Le club Daguerre jouie d’une bonne réputation dans le milieu des arts martiaux traditionnels, il n’y a qu’à voir le nombre de trophées qui ornent les murs ! Et c’est un club de dimension « familiale », accessible. On y va en confiance.
J’ai pu assister aux cours et même faire un cours d’essai, ce qui n’est pas le cas dans tous les clubs. L’ambiance y est conviviale, l’humour y est le bienvenu entre les élèves et les enseignants. On se place à milles lieux des cours quasi militaires où les échangent humains sont limités.
Puisque le club est plus petit, le professeur et ses assistants sont plus accessibles et disponibles avant ou après les cours pour vous expliquer en aparté un point que vous n’auriez pas compris, ou vous dispenser des conseils pour mieux progresser, ou juste pour vous faire partager leur passion du krav !
Pensez-vous, comme le disent certains, que le krav-maga est un sport violent ?
Comme je m’y attendais, les gens que j’ai rencontré dans ces cours sont normalement civilisés et viennent de tous les horizons socioprofessionnels. Chacun a sa propre motivation et l’atmosphère est bon enfant. Il suffit d’établir clairement les règles du « jeu » avec son partenaire dès le début du cours. Généralement, les anciens adaptent leur travail au niveau des nouveaux pratiquants, en termes de force, de vitesse de frappe, de techniques, etc... Et relaient volontiers les explications du professeur.
Entre débutants, il est un peu plus délicat de trouver ses marques, de passer au-delà du sentiment du « je suis ridicule, qu’est ce que je fais ici ? ». Mais vous vous rendez vite compte que tout le monde est dans le même état d’esprit que vous et les professeurs vous encadrent, développent et vous expliquent les techniques pas à pas.
Pourquoi pensez-vous que le krav-maga est adapté aux femmes ?
Une femme n’a pas l’habitude, l’instinct, de frapper. Mais au fil des séances on apprend à connaître et maîtriser sa force et la distance qui sépare son poing du nez de son partenaire ! Et très rapidement, on est fière de ses progrès car ce sport ne nécessite pas des années de bagarres avec des grands frères pour acquérir des réflexes évidents, bien que non naturels, de défense.
Il ne demande pas non plus d’être souple ou particulièrement vive, donc on ne peut pas se servir de la sempiternelle excuse : « je n’ai pas fait de sport depuis si longtemps… » pour ne pas franchir la porte d’un club.
Et je peux vous assurer que depuis que je pratique, je n’ai encore jamais personne partir sur une civière. Les règles pour exécuter les exercices en toute sécurité sont bien expliquées à chaque fois.
Je pense que ce sport est particulièrement bien adapté pour les femmes car il vous maintient en bonne condition physique, mais aussi, il vous apprend à vous défendre. Cela n’a l’air de rien, mais cela vous donne confiance en vous, dans la rue, dans une situation dans laquelle, auparavant, vous auriez eu un sentiment d’insécurité, face aux incivilités quotidienne, bref, dans votre vie de tous les jours,
Et puis, ce n’est pas parce qu’on est en situation de conflit potentiel qu’il faut se servir des techniques acquises. On peut jouer de ses atouts féminins pour calmer la tension ! Et, si la fuite est impossible, puisqu’on sait que l’on est capable de faire face à la situation, on peut l’appréhender plus sereinement. Les enseignants nous encouragent d’ailleurs à n’utiliser la force qu’en dernier recours.
Le krav-maga est un atout et à double titre, d’une part, il nous conditionne a avoir le bon réflexe de défense au bon moment, d’autre part, votre assaillant ne s’attendra pas à la riposte d’une femme !... Et il y a fort à parier qu’il le regrettera.