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Ce dont il faut être convaincu et imprégné en permanence :
Se défendre est un droit que démontrent les trois premiers articles énoncés ci-dessus mais c'est aussi un devoir, comme le démontre l'article 73 du C.P.P., de s'opposer, s'il le faut par la force et en mettant en jeu la santé de son agresseur, à la commission d'une infraction.
Il est faux de croire qu'un agresseur aura toujours gain de cause si la victime lui crée des dommages en voulant lui échapper et s'il la traîne en Justice en réparation de ces dommages.
La jurisprudence quotidienne prouve la clairvoyance des Magistrats dans ce domaine et l'esprit de logique et de sens humain qui les animent dans leur jugement. Ils gèrent parfaitement les conditions psychologiques qui entourent les situations d'agressions et comprennent les excès qui peuvent être faits par la victime et causés par la peur.
Par contre, les textes de Loi rapportés précédemment sont clairs : la riposte à une agression inévitable doit être immédiate et proportionnelle à l'attaque subie, évidemment dans la mesure du possible...
En clair, les textes écartent toute idée d'acte de défense décalé dans le temps et donc de vengeance ainsi que toute notion de punition ou de correction. Ainsi, si un homme reçoit une gifle dans un bar par un inconnu, le législateur comprendra que la victime repousse son agresseur pour ne pas recevoir ce coup, quand bien même il se blesserait dans la chute ainsi occasionnée par ce geste de défense.
Ce même législateur n'admettra pas que la victime atteinte par la gifle se venge en revenant quelques instants plus tard pour rendre cette gifle... ou riposte, sur l'instant, en rossant copieusement l'auteur de la gifle ou en le frappant avec une arme de quelque nature qu'elle soit, opposant à l'attaque une riposte complètement disproportionnée par rapport à l'agression subie.
Pour tous ceux qui trouvent scandaleux que la personne surprise par la gifle soit obligée d'accepter celle-ci une fois qu'elle la reçut, il est bon de préciser qu'il existe un arsenal juridique permettant d'obtenir réparation de l'outrage ou du dommage et que ce moyen, s'il n'est pas instantané, est parfaitement efficace contrairement à nombre d'idées reçues.
Même s'il peut paraître difficilement supportable de ne pas effacer immédiatement le sourire narquois et humiliant de l'auteur de la gifle par une riposte musclée, on ne peut concevoir de s'opposer à une personne démunie de sens civique et moral en adoptant son comportement et en se coltinant avec lui comme un malandrin.
L'objet de cette étude n'est d'ailleurs pas de générer des émules de héros de WESTERN mais d'opposer une résistance efficace à une attaque injuste et gravement traumatisante. Une fois de plus, la notion de légitime défense a été créée pour pallier l'absence des secours qui ne peuvent être présents au moment de toutes les agressions et pour s'opposer à la réalisation de celles-ci.
Par Patrick CASCALES
Professeur Diplômé d'état en Boxe Française, officier de Police Judiciaire
(ex-membre du GIPN)